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date de publication03.02.2018
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TS / IMMUNOLOGIE
UNE MALADIE QUI TOUCHE LE SYSTEME IMMUNITAIRE : LE SIDA (syndrome d'immuno-déficience

acquise)

Le VIH et la primo-infection

Le VIH (virus de l'immunodéficience humaine) est transmis par voie sexuelle, par voie sanguine ou au cours de la grossesse de la mère à l'enfant.

Le VIH appartient à la catégorie des rétrovirus (virus à ARN).

Les cellules cibles du VIH sont principalement des cellules immunitaires : lymphocytes T4, monocytes et macrophages. Ces dernières cellules (monocytes et macrophages) jouent un rôle de véritable réservoir, notamment dans les ganglions lymphatiques. Elles possèdent des protéines membranaires, la plus importante étant CD4, auxquelles le virus s'amarre par l'intermédiaire d'une protéine de son enveloppe, ce qui lui permet de pénétrer dans la cellule hôte.
Une enzyme virale, la transcriptase inverse, transcrit l'ARN viral en ADN dans les cellules infectées. Cet ADN est intégré au génome de la cellule et s'exprime, permettant la reproduction du virus sous forme de particules virales infectieuses et leur dissémination notamment dans les organes lymphoïdes.
Pendant cette période, les symptômes se limitent le plus souvent à ceux d'une maladie virale bénigne.
La phase asymptomatique

  1. Deux semaines à quelques mois après la contamination, la présence dans le sang de différents anticorps anti-VIH est décelée, le sujet est dit alors "séropositif pour le VIH".

  2. Apparaissent en même temps dans le sang du sujet contaminé des lymphocytes T cytotoxiques spécifiques dirigés contre les cellules infectées par le VIH.

  3. Pendant cette période asymptomatique de plusieurs années, les défenses immunitaires restent actives mais les virus continuent à se multiplier et le nombre des LT4 continue à diminuer.


Le SIDA : phase symptomatique

En absence de traitement, le nombre des LT4 baisse. Le SIDA se caractérise alors par diverses maladies opportunistes.

LES PROCESSUS IMMUNITAIRES MIS EN JEU - GENERALISATION
1°) Les anticorps, agents du maintien de l'intégrité du milieu extracellulaire

La séropositivité pour le VIH correspond à la présence d'anticorps spécifiques contre certaines protéines du virus.

La synthèse d'anticorps est la signature d'une réaction de l'organisme à la présence d'éléments étrangers (antigènes).

Les anticorps sont des effecteurs de l'immunité acquise.

Ils agissent dans le milieu extracellulaire (ou milieu intérieur) en se liant spécifiquement aux antigènes qui ont déclenché leur formation.
Les anticorps sont des immunoglobulines, protéines circulantes du milieu intérieur constituées d'une partie constante et d'une partie variable.

La spécificité des anticorps est due à la partie variable.
La liaison antigène - anticorps entraîne la formation de complexes immuns, favorisant l'intervention de mécanismes innés d'élimination de ces complexes.

Les cellules phagocytaires telles que les macrophages, les polynucléaires (ou granulocytes) expriment des récepteurs de la partie constante des anticorps ; elles fixent par l'intermédiaire de ces récepteurs les complexes immuns et les éliminent par phagocytose. Il y a ainsi coopération entre mécanismes innés (phagocytose) et acquis (anticorps).
Les anticorps sont produits par des lymphocytes B sécréteurs ou plasmocytes.

De très nombreux clones de LB se distinguant par leurs anticorps membranaires qui servent de récepteurs pour l'antigène, préexistent avant tout contact avec celui-ci.

La reconnaissance d'un antigène donné par un LB porteur d'un récepteur spécifique de cet antigène entraîne la multiplication de ce lymphocyte et la formation d'un clone de LB ayant la même spécificité.

Les LB obtenus se différencient en plasmocytes et en LB mémoire.

Dans la majorité des réactions immunitaires, cette multiplication est dépendante d'une autre population de lymphocytes, les LT4. (voir 3°)
Dans le cas du SIDA par exemple, les anticorps dirigés contre les protéines virales peuvent bloquer la pénétration des virus dans les cellules, mais ne peuvent pas agir sur les cellules déjà infectées.

2°) Les lymphocytes T cytotoxiques (T8) : agents du maintien de l'intégrité des populations cellulaires

Les LT cytotoxiques (LTc) sont aussi des effecteurs de l'immunité acquise.
Les cellules infectées expriment à leur surface des fragments peptidiques issus des protéines du pathogène que n'expriment pas les cellules saines.

Les LT8, par leurs récepteurs T spécifiques, reconnaissent les cellules infectées. Cette reconnaissance déclenche un mécanisme d'élimination des cellules infectées par ces LTc.

La production de LTc spécifiques à partir de lymphocytes pré-cytotoxiques (LT8) repose sur les étapes voisines de celles conduisant à la production de LB sécréteurs, à savoir : sélection, multiplication, différenciation, intervention des LT4 (voir 3°).
Dans le cas du SIDA, la destruction des LT4 par les LTc limite la progression de l'infection virale mais l'incorporation du génome viral dans les cellules infectées maintient la contamination.
3°) Les lymphocytes T4 pivots des réactions immunitaires acquises
A la suite de l'entrée d'un antigène dans l'organisme, des LT4 spécifiques de cet antigène se différencient en LT4 sécréteurs de messagers chimiques, les interleukines.
Les interleukines stimulent la multiplication et la différenciation des LB et des LT sélectionnés.
Dans le cas du SIDA, la disparition des LT4 empêche la production d'anticorps et de LTc contre des agents microbiens variés. Ceci permet l'apparition de maladies opportunistes.

Les conséquences de l'effondrement des défenses immunitaires prouvent qu'en permanence les mécanismes immunitaires sont à l'œuvre et montrent le rôle essentiel des LT4 dans la majorité de ces réactions.

LES VACCINS ET LA MEMOIRE IMMUNITAIRE
Les espoirs pour un vaccin anti-VIH
Des vaccins ont été mis au point contre différents virus.

Ils reproduisent une situation naturelle, celle de l'immunité acquise contre ces virus après une première infection guérie.
Le premier contact avec l'antigène entraîne une réaction lente et quantitativement peu importante, alors que le second contact entraîne une réaction beaucoup plus rapide et quantitativement plus importante.
Cette mémoire immunitaire s'explique par la formation, après un 1er contact avec un antigène, de LB mémoire et de LT4 mémoire.

Ces cellules sont plus nombreuses que les LB ou LT4 vierges, de même spécificité ; elles ont une durée de vie plus longue et elles réagissent très rapidement lors d'un second contact avec l'antigène.
Dans le cas du virus du SIDA, il s'agit de trouver un vaccin contre un virus qui n'est pas vaincu par les défenses immunitaires naturelles.

Le virus du SIDA mutant constamment, une des difficultés de la mise au point d'un vaccin est d'identifier une protéine invariable et accessible à la surface du virus.
Le phénotype immunitaire : interaction entre le génotype et l'environnement
Le phénotype immunitaire, c'est-à-dire l'ensemble des spécificités des LB et LT à un moment donné de la vie d'un individu (ou "répertoire" des anticorps et des récepteurs T) résulte d'une interaction complexe entre le génotype et l'environnement.
Grâce à des mécanismes génétiques originaux, l'organisme produit des LT et LB d'une infinie diversité.
Parmi ces cellules, la très grande majorité, notamment celles qui sont potentiellement dangereuses pour l'organisme ("autoréactives"), sont éliminées. Celles qui subsistent sont sélectionnées par les antigènes des cellules malades ou des pathogènes présents.

Ces cellules sont à l'origine des clones actifs dans la défenses immunitaire.
Il en résulte un phénotype qui change sans cesse en s'adaptant à l'environnement (variabilité).
La vaccination est un processus artificiel qui fait évoluer ce phénotype immunitaire.

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