Bonjour Danielle. Quel est l’animal que nous évoquons aujourd’hui ?








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date de publication12.09.2017
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Danielle Jeanne: Bonjour Virginia

Virginia Crespeau: Bonjour Danielle. Quel est l’animal que nous évoquons aujourd’hui ?

Danielle Jeanne: J’ai choisi le lion : le roi des animaux tel qu’il est décrit par un naturaliste du XVIIIème siècle très connu et déjà célèbre à son époque. Il m’a semblé incontournable…

Virginia Crespeau: je devine qu’il s’agit de Buffon dont les beaux livres illustrés ont traversé les siècles…

Danielle Jeanne: Exactement ! Georges-Louis Leclerc comte de Buffon est né à Montbard en Bourgogne en 1707. Savez-vous qu’il est élu à 26 ans à l’académie des Sciences pour ses travaux en mathématiques statistiques ? Cet homme est au départ une sorte « d’ingénieur » doublé d’un industriel. Il est maître des forges de Montbard. Il s’intéresse de près à la gestion de son domaine, de ses forêts.. ; il aime pardessus tout se retirer dans la tour de son château bourguignon pour écrire. Rousseau dira qu’il a la plus belle plume de son siècle.

Virginia Crespeau: pendant 50 ans il rédige et publie régulièrement les 36 volumes de son Histoire Naturelle. Il devient membre de l’Académie française en 1753. Lors de sa réception Il prononce Son discours sur le style.

Danielle Jeanne: En 1739, Buffon est nommé par le roi Louis XV, intendant des jardins du Roi à Paris. C’est notre actuel jardin des Plantes. Buffon s’entoure de collaborateurs qu’il choisit avec discernement. Il recrute des peintres et des graveurs. Il entretient une vaste correspondance avec des voyageurs, des savants étrangers, des marins, des missionnaires, des chasseurs. Son œuvre scientifique touche à la géologie, la biologie générale et la zoologie.

Virginia Crespeau: dans son Histoire naturelle, 14 tomes sont consacrés à la description du règne animal, les oiseaux et les quadrupèdes. Il y décrit les espèces animales. Pour Buffon, l’espèce est « la suite constante d’individus qui se reproduisent »

Danielle Jeanne : Aujourd’hui je voudrais faire découvrir à nos auditeurs des extraits d’une monographie sur le lion, c’est une étude complète de cet animal sauvage.

Virginia Crespeau : cette monographie publiée en 1761 débute par des considérations générales. Buffon était aussi philosophe à ses heures.

Lecture du premier extrait:

« Dans l’espèce humaine l’influence du climat ne se marque que par des variétés assez légères, parce que cette espèce est une, et qu’elle est très distinctement séparée de toutes les autres espèces ; l’homme, blanc en Europe, noir en Afrique, jaune en Asie, et rouge en Amérique, n’est que le même homme teint de la couleur du climat : comme il est fait pour régner sur la terre, que le globe entier est son domaine, il semble que sa nature se soit prêtée à toutes les situations; sous les feux du midi, dans les glaces du nord il vit, il multiplie, il se trouve partout si anciennement répandu, qu’il ne paraît affecter aucun climat particulier.

Dans les animaux au contraire, l’influence du climat est plus forte et se marque par des caractères plus sensibles, parce que les espèces sont diverses et que leur nature est infiniment moins perfectionnée, moins étendue que celle de l’homme. Non seulement les variétés dans chaque espèce sont plus nombreuses et plus marquées que dans l’espèce humaine, mais les différences mêmes des espèces semblent dépendre des différents climats; les unes ne peuvent se propager que dans les pays chauds, les autres ne peuvent subsister que dans des climats froids ; le lion n’a jamais habité les régions du nord, le renne ne s’est jamais trouvé dans les contrées du midi, et il n’y a peut-être aucun animal dont l’espèce soit comme celle de l’homme généralement répandue sur toute la surface de la terre ; chacun à son pays, sa patrie naturelle dans laquelle chacun est retenu par nécessité physique, chacun est fils de la terre qu’il habite, et c’est dans ce sens qu’on doit dire que tel ou tel animal est originaire de tel ou tel climat. Dans les pays chauds les animaux terrestres sont plus grands et plus forts que dans les pays froids ou tempérés, ils sont aussi plus hardis, plus féroces ; toutes leurs qualités naturelles semblent tenir de l’ardeur du climat. Le lion, né sous le soleil brûlant de l’Afrique ou des Indes, est le plus fort, le plus fier, le plus terrible de tous.»

Virginia Crespeau : Buffon trace ensuite le portrait moral du lion

Lecture du deuxième extrait:

"Dans les vastes déserts du Sahara, dans ceux qui semblent séparer deux races d’hommes très-différentes, les Nègres et les Maures, entre le Sénégal et les extrémités de la Mauritanie, dans les terres inhabitées qui sont au dessus du pays des Hottentots, et en général dans toutes les parties méridionales de l’Afrique et de l’Asie, où l’homme a dédaigné d’habiter, les lions sont encore en assez grand nombre, et sont tels que la Nature les produit : accoutumés à mesurer leurs forces avec tous les animaux qu’ils rencontrent, l’habitude de vaincre les rend intrépides et terribles ; ne connaissant pas la puissance de l’homme, ils n’en ont nulle crainte ; n’ayant pas éprouvé la force de ses armes, ils semblent les braver ; les blessures les irritent, mais sans les effrayer ; ils ne sont pas même déconcertés à l’aspect du grand nombre ; un seul de ces lions du désert attaque souvent une caravane entière, et lorsqu’après un combat opiniâtre et violent il se sent affaibli, au lieu de fuir il continue de se battre en retraite, en faisant toujours face et sans jamais tourner le dos. Les lions au contraire qui habitent aux environs des villes et des bourgades de l’Inde et de la Barbarie(3a), ayant connu l’homme et la force de ses armes, ont perdu leur courage au point d’obéir à sa voix menaçante, de n’oser l’attaquer, de ne se jeter que sur le menu bétail, et enfin de s’enfuir en se laissant poursuivre par des femmes ou par des enfants(3b), qui leur font, à coups de bâton, quitter prise et lâcher indignement leur proie.

Ce changement, cet adoucissement dans le naturel du lion, indique assez qu’il est susceptible des impressions qu’on lui donne, et qu’il doit avoir assez de docilité pour s’apprivoiser jusqu’à un certain point et pour recevoir une espèce d’éducation : aussi l’Histoire nous parle de lions attelés à des chars de triomphe, de lions conduits à la guerre ou menés à la chasse, et qui, fidèles à leur maître, ne déployaient leur force et leur courage que contre ses ennemis.

…/ Sa colère est noble, son courage magnanime, son naturel sensible. On l’a souvent vu dédaigner de petits ennemis, mépriser leurs insultes et leur pardonner des libertés offensantes ; on l’a vu réduit en captivité, s’ennuyer sans s’aigrir, prendre au contraire des habitudes douces, obéir à son maître, flatter la main qui le nourrit, donner quelquefois la vie à ceux qu’on avait dévoués a la mort en les lui jetant pour proie.

…/On pourrait dire aussi que le lion n’est pas cruel, puisqu’il ne l’est que par nécessité, qu’il ne détruit qu’autant qu’il consomme, et que dès qu’il est repu il est en pleine paix… »

Danielle Jeanne: Ensuite vient la description physique de l’animal « qui ne dément point ses grandes qualités intérieures ». Ce thème est d’ailleurs cher à Buffon.

Lecture du troisième extrait:

"L’extérieur du lion ne dément point ses grandes qualités intérieures ; il a la figure imposante, le regard assuré, la démarche fière, la voix terrible ; sa taille n’est point excessive comme celle de l’éléphant ou du rhinocéros, elle n’est ni lourde comme celle de l’hippopotame ou du bœuf, ni trop ramassée comme celle de l’hyène ou de l’ours, ni trop allongée ni déformée par des inégalités comme celle du chameau ; mais elle est au contraire si bien prise et si bien proportionnée, que le corps du lion paraît être le modèle de la force jointe à l’agilité ; aussi solide que nerveux, n’étant chargé ni de chair ni de graisse, et ne contenant rien de surabondant, il est tout nerf et muscle. Cette grande force musculaire se marque au dehors par les sauts et les bonds prodigieux que le lion fait aisément, par le mouvement brusque de sa queue, qui est assez fort pour terrasser un homme, par la facilité avec laquelle il fait mouvoir la peau de sa face et surtout celle de son front, ce qui ajoute beaucoup à la physionomie ou plutôt à l’expression de la fureur, et enfin par la faculté qu’il a de remuer sa crinière, laquelle non seulement se hérisse, mais se meut et s’agite en tout sens, lorsqu’il est en colère. /…

…/ Les lions de la plus grande taille ont environ huit ou neuf pieds de longueur depuis le mufle jusqu’à l’origine de la queue, qui est elle-même longue d’environ quatre pieds ; ces grands lions ont quatre ou cinq pieds de hauteur. Les lions de petite taille ont environ cinq pieds et demi de longueur sur trois pieds et demi de hauteur, et la queue longue d’environ trois pieds. La lionne est dans toutes les dimensions d’environ un quart plus petite que le lion. /…

…/ Le lion porte une crinière, ou plutôt un long poil, qui couvre toutes les parties antérieures de son corpsc, et qui devient toujours plus longue à mesure qu’il avance en âge. La lionne n’a jamais ces longs poils, quelque vieille qu’elle soit."

Danielle Jeanne: Après cette description de l’extérieur de l’animal, Buffon évoque ses mœurs, ce qu’il appelle son « histoire »

Lecture du quatrième extrait:

"Les lions sont très-ardents en amour ; lorsque la femelle est en chaleur, elle est quelquefois suivie de huit ou dix mâles(10a), qui ne cessent de rugir autour d’elle et de se livrer des combats furieux, jusqu’à ce que l’un d’entre eux, vainqueur de tous les autres, en demeure paisible possesseur et s’éloigne avec elle. La lionne met bas au printemps(10b) et ne produit qu’une fois tous les ans ; ce qui indique encore qu’elle est occupée pendant plusieurs mois à soigner et allaiter ses petits, et que par conséquent le temps de leur premier accroissement, pendant lequel ils ont besoin des secours de la mère, est au moins de quelques mois.

Dans ces animaux toutes les passions, même les plus douces, sont excessives, et l’amour maternel est extrême. La lionne, naturellement moins forte, moins courageuse et plus tranquille que le lion, devient terrible dès qu’elle a des petits ; elle se montre alors avec encore plus de hardiesse que le lion, elle ne connaît point le danger, elle se jette indifféremment sur les hommes et sur les animaux qu’elle rencontre, elle les met à mort, se charge ensuite de sa proie, la porte et la partage à ses lionceaux, auxquels elle apprend de bonne heure à sucer le sang et à déchirer la chair. D’ordinaire elle met bas dans des lieux très écartés et de difficile accès, et lorsqu’elle craint d’être découverte, elle cache ses traces en retournant plusieurs fois sur ses pas, ou bien elle les efface avec sa queue ; quelquefois même, lorsque l’inquiétude est grande, elle transporte ailleurs ses petits, et quand on veut les lui enlever, elle devient furieuse et les défend jusqu’à la dernière extrémité.

…/ Le lion, lorsqu’il a faim, attaque de face tous les animaux qui se présentent ; mais comme il est très-redouté, et que tous cherchent à éviter sa rencontre, il est souvent obligé de se cacher et de les attendre au passage ; il se tapit sur le ventre dans un endroit fourré, d’où il s’élance avec tant de force, qu’il les saisit souvent du premier bond : dans les déserts et les forêts, sa nourriture la plus ordinaire sont les gazelles et les singes, quoiqu’il ne prenne ceux-ci que lorsqu’ils sont à terre, car il ne grimpe pas sur les arbres comme le tigre ou le Puma(11a) ; il mange beaucoup à la fois et se remplit pour deux ou trois jours ; il a les dents si fortes qu’il brise aisément les os, et il les avale avec la chair. On prétend qu’il supporte longtemps la faim ; comme son tempérament est excessivement chaud, il supporte moins patiemment la soif, et boit toutes les fois qu’il peut trouver de l’eau, il prend l’eau en lapant comme un chien…./ Il lui faut environ quinze livres de chair crue chaque jour ; il préfère la chair des animaux vivants, de ceux surtout qu’il vient d’égorger, il ne se jette pas volontiers sur des cadavres infects, et il aime mieux chasser une nouvelle proie que de retourner chercher les restes de la première : mais quoique d’ordinaire il se nourrisse de chair fraîche, son haleine est très-forte et son urine a une odeur insupportable.

Le rugissement du lion est si fort que quand il se fait entendre, par échos, la nuit dans les déserts, il ressemble au bruit du tonnerre(11b) ; ce rugissement est sa voix ordinaire, car quand il est en colère il a un autre cri, qui est court et réitéré subitement ; au lieu que le rugissement est un cri prolongé, une espèce de grondement d’un ton grave, mêlé d’un frémissement plus aigu : il rugit cinq ou six fois par jour, et plus souvent lorsqu’il doit tomber de la pluie*. Le cri qu’il fait lorsqu’il est en colère, est encore plus terrible que le rugissement ; alors il se bat les flancs de sa queue, il en bat la terre, il agite sa crinière, fait mouvoir la peau de sa face, remue ses gros sourcils, montre des dents menaçantes et tire une langue armée de pointes si dures, qu’elle suffit seule pour écorcher la peau et entamer la chair sans le secours des dents ni des ongles, qui sont après les dents ses armes les plus cruelles.

…/ La chair du lion est d’un goût désagréable et fort ; cependant les Nègres et les Indiens ne la trouvent pas mauvaise et en mangent souvent : la peau, qui faisait autrefois la tunique des héros, sert à ces peuples de manteau et de lit ; ils en gardent aussi la graisse, qui est d’une qualité fort pénétrante, et qui même est de quelque usage dans notre Médecine."

Virginia Crespeau: la monographie comporte aussi des illustrations, des tables des mensurations précises et détaillées du lion. C’est en général Daubenton ami et collaborateur de Buffon qui s’occupe des dissections et de l’anatomie.

Danielle Jeanne: Pour en savoir plus sur l’incroyable vie du Comte de Buffon, je vous invite à écouter sur Canal Académie l’émission d’Emilie Joulia daté d’Août 2007 !

Virginia Crespeau: merci de votre fidélité à l’écoute de canal Académie.

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